Places de la Bastille et de la Nation, chronique d’un désastre annoncé

Sûrement soucieuse de laisser une marque dans l’Histoire, Anne Hidalgo a entrepris de réaménager sept grandes places parisiennes, dont les places de la Nation et Bastille dans notre arrondissement. Au vu de l’expérience calamiteuse menée place de la République, on ne peut qu’être réservé sur l’issue de ses travaux et leur impact sur la vie quotidienne des habitantes et habitants du 11ème.

Les intentions de la municipalité sont louables, du moins apparence. Dédier plus d’espace aux circulations douces et aux espaces verts, voilà un programme tout à fait alléchant ! A fortiori – tout particulièrement en ce qui concerne la place de la Bastille – la chaussée est parfois dans un si mauvais état qu’elle en devient dangereuse, surtout pour les cyclistes.

Mais une fois de plus, la mairie de Paris prend le problème à l’envers. La Ville préfère chasser les automobilistes sans leur offrir de solutions alternatives de transports publics. Les mêmes causes entraînant les mêmes conséquences, ces deux rénovations augurent du même désastre que la rénovation de la place de la République ou la fermeture des voies sur berges. Faute d’un autre moyen de se rendre d’un point A à un point B, à la fois fiable et souple, la circulation sera seulement reportée sur les autres axes en concentrant son lot de nuisances : embouteillages, bruit, pollution… De récents rapports de suivi ont démontré que les restrictions de circulation imposées à Paris n’ont eu pour seul effet que de déplacer le problème des grands axes vers les petites rues. Les riverains de ces rues apprécieront les égards que leur témoigne la maire de Paris.

Pour autant, des solutions pragmatiques existent. I suffirait que la Ville sorte de son égoïsme et accepte de discuter avec la région, autorité organisatrice des transports publics. Le moyen le plus efficace de réduire le recours à la voiture dans Paris intra-muros est de développer un réseau de transports rapides à haute qualité de service, à l’échelle de la capitale et de sa banlieue, associé à des parkings sécurisés au-delà du périphérique. La Seine est actuellement sous-utilisée alors que son lit pourrait accueillir une ligne de transport à grande vitesse similaire au Vaporetto vénitien. Le réseau bus, pour sa part, est actuellement fortement handicapé par son manque de fluidité. C’est sur dernier point que la municipalité peut agir en développant des itinéraires de bus sur des axes à grande vitesse fiabilisés.

Ce n’est qu’en donnant l’opportunité aux automobilistes d’effectuer leurs trajets quotidiens dans des délais similaires et avec des conditions de régularité et de confort satisfaisantes que la municipalité parisienne les détournera de la route. Une fois la voiture devenue inutile, nous pourrons alors réorienter la destination de l’espace vers les circulations douces, sans pour autant générer de nuisances pour la qualité de vie des parisiens. Faisons les choses dans l’ordre…

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