Repenser la rue de la Roquette

A l’écart des grands boulevards et des larges avenues, la rue de la Roquette pourrait passer inaperçue. Il n’en est rien. Les flux de la circulation automobile ont fait de cet axe Bastille – Voltaire – Père Lachaise un axe aussi structurant qu’il peut être inadapté.

Cette rue réunit pourtant deux réalités bien différentes en termes d’urbanisme et de gestion de l’espace public. Au sud, la rue à sens unique est assez étroite pour que le ramassage des ordures la bloque complètement, minérale au point que la verdure peut se compter sur les doigts, et la circulation y est rendue malaisée par les nombreuses intersections avec priorité à droite. Pour partie intégrée dans le Bastille festif, cette section est bruyant, encombrée, polluée, terne. Au nord, la rue devient large, trop large peut-être, et la configuration en succession de croisements et de feu ne facilite pas le débit automobile. Vestiges d’un alignement des bâtiments qui voulait reculer, de grandes parcelles bétonnées ne servent que de parkings à deux-roues ou de zones de dépôt sauvage de poubelles.

Nous devons repenser cette espace en termes d’aménagement et de circulation, en l’intégrant dans le plan général des axes de circulation est-ouest. La circulation, tout d’abord, doit se transformer en un sens unique rapide de la place de la Bastille vers le boulevard de Ménilmontant, complété dans l’autre sens par la rue du chemin vert. Le sens unique permettra de fluidifier le trafic et de diminuer les ralentissements par la suppression des feux et des priorités à droite, remplacés par des stops. Dans le même temps, la collecte des ordures doit être repensée afin de ne plus bloquer la rue et les bus qui la parcourent pendant vingt minutes. Il ouvrira le champ pour la réalisation de trois types d’aménagement de l’espace urbain. Dans la zone festive, la protection des piétons – trop nombreux à traverser la rue n’importe comment – doit être sécurisée et canalisée vers les passages protégés. Jusqu’à la place Léon Blum, l’espace peut être optimisé : les renfoncements par rapport à l’alignement peuvent devenir des écrins de verdure en pleine terre, tandis que des espaces inutilisés peuvent aisément être reconvertis en zones de stationnement pour les deux roues. Après la place Léon Blum enfin, le réaménagement peut être significatif. Le passage à sens unique permet une redistribution de la chaussée : la création d’une piste sécurisée pour les cyclistes faisant la jonction entre les itinéraires du boulevard de Ménilmontant et du boulevard Voltaire et l’apparition de quelques places de stationnement, de livraisons ou à destination des deux-roues, tout en améliorant la configuration des arrêts de bus. La reconfiguration du carrefour Roquette/Ménilmontant, rendue possible par le sens unique, permettra dans la foulée de réduire ce point d’embouteillage et d’améliorer la rapidité de la desserte par la rue de la Roquette. Du côté des piétons, les grands espaces bétonnés, notamment autour du square de la Roquette, permettront une végétalisation à grande échelle, conduisant ce parc à s’ouvrir sur la rue et contribuant ainsi à l’aération du quartier. Il pourrait en être de même pour les renfoncements par rapport à l’alignement, pour certains significatifs.

Au final, c’est l’ensemble du quartier qui sera repensé pour le meilleur : plus vert, moins pollué, plus agréable… La transformation du cadre de vie est possible à Paris, ce n’est qu’une question de volonté.

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